Une gouvernance inspirée du vivant
Une Association Collégiale
Dans notre association, le Conseil d’administration est un conseil Collégial représentatif des entités concernées par la biodiversité cultivée : les membres fondateurs de l’association, garant de l’esprit, les membres actifs (jardiniers, maraîchers, reproducteurs de semences, éducateurs, cuisinier.e.s…), les membres associés (associations, institutions, entreprises..), et tous les membres adhérents.
Chacun des collèges a au moins un représentant au Conseil Collégial..
Les prises de décision
Le vote, dans notre organisation, s’effectue en dernier recours.
Guidé par l’écoute de soi et des autres, par l’expression des tensions et la gestion des conflits, un collectif a moins besoin du vote pour prendre une décision.
Nous expérimentons des outils d’intelligence collective pour qu’une tension, d’élément de blocage, devienne le point de départ de solution créative et innovante pour les projets. Les personnes concernées par une conflit interpersonnel, épaulées par le cercle interne “Médiation et la gestion de conflit”, entrent dans un espace calme d’échanges et un processus créatif de solution. L’écologie relationnelle et l'écologie environnementale révèlent ce que nous sommes au cœur du vivant: des êtres d'interdépendance.
Des Cercles de fonction
Au niveau opérationnel, ce sont 6 cercles opérationnels de fonction :
- semences,
- communication,
- médiation/liens,
- transmission/éducation,
- administration
- chantiers participatifs
Interdépendants les uns des autres, ils mènent leurs missions en toute autonomie et suivent les recommandations du Conseil Collégial.
Les formations en Intelligence Collective
Les transitions écologiques ne se résument pas à des techniques ou à des solutions matérielles ; elles demandent de développer des capacités d'écoute, de coopération, de médiation et de dialogue autour de la régulation non-violente des conflits et de l'intelligence émotionnelle. C’est pourquoi, en 2026, Umani et Granagora ont mis en place une formation où nos membres actifs ont expérimenté que prendre soin des liens, c'est renouer avec une autre façon d'être au vivant.
La meilleure façon de penser nos collectifs : des espaces où la régulation ne vient pas d'en haut, mais émerge de la qualité même des relations qui la constituent.
Une invitation à cultiver les liens plutôt qu'à les contrôler, à faire confiance aux dynamiques du vivant plutôt qu’à la seule organisation. Une capacité d'auto-ajustement, qui naît de la qualité et de l’authenticité des relations.
C'est le fondement de ce que nous construisons. Umani et Granagora, dont la gouvernance partagée fait toute la spécificité. Deux entités qui prennent très au sérieux cette idée : le lien — à soi, aux autres, au vivant — est une matière à cultiver autant que les semences: il participe à l’habitabilité de ce monde et il nous appartient d'en prendre soin.
Le système des jetons et les mesures d’impact sur le territoire
Une économie de la contribution
À Granagora, nous expérimentons une autre manière de reconnaître la valeur de l’engagement associatif et de mesurer ce que nos actions rendent possible sur le territoire :
Contribuer, c’est généralement adhérer en donnant de l’argent. C’est aussi et surtout donner de son temps, partager une compétence, transmettre un savoir, participer à un chantier, porter un projet ou créer du lien : c’est être membre actif.
Les jetons contributifs que nous mettons en place (consulter notre Réglement Intérieur) rendent ces contributions visibles. Ils permettent de reconnaître l’implication de chacun, de garder la mémoire de ce qui est réalisé et de valoriser, lorsque les ressources de l’association le permettent, la richesse créée par le collectif.
Mais leur rôle va plus loin : en reliant les contributions aux actions menées, ils nous permettent progressivement de mesurer notre impact social, écologique, pédagogique sur le territoire: savoirs transmis, biodiversité préservée, semences multipliées, personnes mobilisées, compétences partagées, liens créés et nouvelles capacités d’agir.
Les jetons deviennent ainsi un outil pour reconnaître, mesurer et valoriser la contribution de chacun à l’habitabilité du territoire. Ils donnent en même temps à Granagora des moyens concrets de rendre compte de son action auprès de ses partenaires et des collectivités qui la soutiennent.
Une économie où la valeur créée par le collectif peut être reconnue, mesurée, partagée et réinvestie dans le territoire.
Système des jetons et modèle contributif
Le système des jetons : reconnaître les contributions de chacun
Pour rendre visibles les contributions actives de chacun, Granagora a imaginé un système de jetons contributifs. Les jetons sont une unité de reconnaissance interne : ils permettent de garder la trace de ce qui est apporté au collectif et de reconnaître la valeur du temps, des savoir-faire et de l’implication de chacun.
Un jeton n’est pas une monnaie. Il ne constitue pas une rémunération automatique ni une créance financière. Il représente une reconnaissance de la contribution et ouvre la possibilité, lorsque les ressources de l’association le permettent et selon les décisions collectives, à une valorisation ultérieure.
Au fil de ses contributions, chaque membre peut ainsi accumuler des jetons. Ceux-ci peuvent, selon les règles définies collectivement, être transformés en différentes formes de valorisation : rémunération, prestation, participation à une formation ou à un événement, soutien à un projet… La conversion reste toujours liée aux capacités financières de l’association et à ses choix de gouvernance.
Ce système permet ainsi de dissocier le fait de contribuer de la capacité immédiate à rémunérer. Une contribution peut être reconnue aujourd’hui, même si sa valorisation financière n’est possible que plus tard. Il crée une mémoire de l’engagement et permet de mieux prendre en compte toutes les formes de richesse qui font vivre Granagora.
Les règles d’attribution, de valorisation et de conversion des jetons sont définies et suivies collectivement, dans un souci de transparence, d’équité et de soutenabilité pour l’association.
Le modèle contributif n’a pas vocation à transformer l’engagement associatif en système marchand. Il cherche au contraire à rendre visible ce qui est souvent invisible : le temps donné, les compétences partagées, les responsabilités assumées et l’énergie consacrée au bien commun.
Lorsque les conditions le permettent, les jetons peuvent ainsi être convertis en différentes formes de valorisation : rémunération, prestation, participation à une formation ou à un événement, ou encore soutien à un projet.
La conversion n'est jamais automatique : elle dépend des ressources disponibles et des décisions prises dans le cadre de la gouvernance de l'association.
De la contribution individuelle à la valeur collective
Chaque contribution individuelle participe à une œuvre beaucoup plus vaste.
Un chantier participatif, une journée passée à multiplier des semences, une intervention pédagogique, la transmission d'un savoir-faire, la coordination d'un projet ou l'organisation d'une rencontre produisent tous une valeur qui dépasse largement le temps consacré à l'action.
Les jetons permettent de garder la trace de ces contributions et de les relier aux projets et aux objectifs de Granagora.
Au fil du temps, ils permettent ainsi de rendre compte de la richesse produite collectivement : temps mobilisé, compétences partagées, savoirs transmis, biodiversité cultivée préservée, personnes sensibilisées et formées, habitants mobilisés, liens créés entre acteurs du territoire, projets qui émergent et nouvelles capacités d'agir.
La contribution de chacun devient alors partie d'un ensemble : une mesure de la vitalité du collectif et de ce qu'il rend possible sur le territoire.
Mesurer notre impact pour dialoguer avec nos partenaires
Cette capacité à rendre visibles les contributions prend une autre dimension lorsqu'elle est rapportée au territoire.
Granagora agit dans un écosystème composé d'habitants, d'agriculteurs, d'écoles, d'associations, de collectivités et de nombreux autres acteurs. Les ressources qui nous sont confiées, notamment par nos partenaires et les collectivités territoriales, permettent de faire naître une multitude d'actions dont la valeur ne se résume pas à un bilan financier.
Le système contributif nous permet progressivement de mesurer et documenter cette valeur créée.
Combien de temps et de compétences ont été mobilisés ? Combien de personnes ont participé ? Combien de savoirs ont été transmis ? Combien de variétés ont été conservées, multipliées ou remises en culture ? Combien d'enfants ont découvert la biodiversité cultivée ? Combien de rencontres ont permis de créer de nouvelles coopérations ?
Ces données, intégrées via les Jetons contribiutifs, dans notre résultat comptable, constituent progressivement une mesure de l'impact social, écologique, pédagogique et territorial de Granagora.
Elles nous permettent de dialoguer avec nos partenaires sur une base plus riche que celle des seuls indicateurs financiers : non seulement ce que les ressources investies permettent de réaliser, mais aussi ce qu'elles rendent possible pour le territoire.
Le système des jetons devient ainsi un outil à plusieurs dimensions : reconnaître les contributions, garder la mémoire de l'engagement, mesurer la valeur créée collectivement et rendre compte de notre impact sur l’habitabilité du territoire.
Il nous aide à raconter une histoire différente de l'économie : une économie dans laquelle la valeur créée par le collectif peut être reconnue, mesurée, partagée et réinvestie dans le territoire.
C'est cette boucle que Granagora souhaite expérimenter, au service d'un territoire autonome, solidaire et vivant.
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